L’Allemagne : free-floating uber alles

L’Allemagne, le champion europĂ©en des grosses cylindrĂ©es mais aussi des pistes cyclables,  a publiĂ© un dĂ©cret mi-juin 2019 autorisant enfin la circulation des trottinettes Ă©lectriques.

 

Alors quelles règles s’appliquent outre-rhin pour les trottinettes Ă©lectriques ?

La vitesse maximale doit être de 20 km/h  par construction.
Le conducteur doit avoir au minimum 14 ans.
Il est interdit  de rouler côte à côte.
Il est interdit de rouler Ă  deux.
La plaque d’immatriculation ainsi que l’assurance deviennent obligatoires.

CĂ´tĂ© sanctions elles restent Ă©levĂ©es mais moindres qu’en France, comme l’indiquent ces quelques chiffres :

  • Circuler sur un modèle non homologuĂ© : 70 euros
  • Rouler sans assurance  : 40 euros
  • Emprunter un trottoir ou un autre espace non autorisĂ© : 15 euros
  • Rouler dangereusement : 25 euros

 

 

Un français peut il rouler en Allemagne avec sa trottinette électrique  ?

Oui … enfin seulement si son engin est limitĂ© par construction Ă  20km/h, et si il obtient un certificat de conformitĂ© (« Einzelbetriebserlaubnis ») ainsi qu’une assurance RC Allemande (« Versicherungsplakette »), bref, pour un particulier ce sera mission quasi impossible.

 

Quels sont les effets de cette nouvelle législation  ?

Les premiers à profiter de ces nouvelles règles sont les opérateurs de FREEFLOATING. Ils ont été les premiers à  proposer des modèles homologués, plaqués et assurés.

Lors de mon passage Ă  Berlin dĂ©but aoĂ»t j’ai pu mesurer le succès Ă©clatant de ces engins en LIBRE SERVICE , mais Ă©galement la triste disparition des POSSESSEURS d’EDPM.

Pour l’instant les grands perdants sont les possesseurs qui se voient interdire tous les modèles du marchĂ©s. Seul un constructeur (iohawk) propose un modèle, qui est tout simplement une Xiaomi bridĂ©e, reliftĂ©e, et au prix doublĂ© par rapport au modèle d’origine.

Dans les faits les allemands, se dĂ©tournent des trottinettes et s’orientent vers les VAE (25km/h sans assurance ni plaque), ou vers les scooteurs Ă©lectriques (45km/h avec plaque et assurance).

 

Et les Skates et Gyroroues ?

Pour l’instant ces engins sont strictement interdits Ă  la circulation sauf sur circuit privĂ© (j’en ai en effet croisĂ© quelques uns sur l’aĂ©roport de Tempelhof Ă  Berlin, lors d’une sĂ©ance de dĂ©monstration bien encadrĂ©e).

 

 

Une réglementation étouffante ?

Cette lĂ©gislation ultra-stricte encadre efficacement les usages du FREE FLOATING, mais pour les possesseurs d’EDPM c’est la douche froide. L’usage des gants du casque de l’assurance n’y feront rien. Ils devront rouler au pas sur des modèles couteux, affublĂ©s de contraintes auxquels les VAE ne sont pas soumis.

Face a ses voisins europĂ©ens, l’Allemagne joue la rigueur, alors que dans le mĂŞme temps son voisin belge a dĂ©cidĂ© de ramener la vitesse de 18 Ă  25km/h, tout comme Bruxelles qui a fixĂ© un seuil de limite Ă  25km/h pour l’ensemble des pays europĂ©ens.

La France va prochainement adopter une nouvelle rĂ©glementation pour ses EDPM. Et elle a le choix de soutenir ou d’Ă©radiquer ces nouveaux modes de transport silencieux, efficients, compacts…

Il est donc indispensable que le ministère des transport choisisse des règles justes et favorise les usages avancĂ©s des EDPM (avec la crĂ©ation d’une catĂ©gorie 45km/h, l’autorisation de rouler hors agglomĂ©ration, et allĂ©ger les sanctions comme l’a fait l’Allemagne).

Bref, la France a l’occasion de montrer l’exemple et de se dĂ©marquer de l’Allemagne avec des règles justes mais bienveillantes pour que les propriĂ©taires d’EDPM prĂŞts Ă  tous les efforts puissent continuer Ă  rouler.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *