Nos adhérents ont du talent ! Comment la trottinette électrique a changé les trajets domicile-école-travail de Thierry Leriche

Thierry Leriche, adhérent de l’Anumme nous explique pourquoi la trottinette électrique a changé ses trajets domicile-école-travail :


Les trottinettes électriques sont de plus en plus à la mode mais également de plus en plus critiquées. Les grandes villes font face à l’arrivée des flottes en libre service et aux comportement irrespectueux et irresponsable d’une partie de leurs utilisateurs. Mais voilà, je n’habite pas une grande ville. Je ne peux pas aller au travail à pied ou prendre le métro à la sortie de l’école quand je dépose les enfants le matin ou que je reviens les chercher le soir. Dans ce billet, je vais vous expliquer pourquoi j’ai remplacé ma voiture, matin et soir, par une trottinette électrique.

Un peu de contexte

J’habite Yerres, une ville fleurie de l’Essonne (banlieue sud de Paris). L’écologie est très importante pour notre maire, qui fait également part belle aux moyens de déplacement propres.

Je suis tributaire des transports en commun, à commencer par le RER D qui accumule les retards et le métro. Je travaille sur Paris et je fais le trajet tous les jours, sauf quand j’arrive à poser un jour de télétravail.

L’école

Je suis papa de deux petites filles, Emma et Manon, qui ont respectivement 5 et 9 ans. C’est la rentrée scolaire. Elles sont désormais au CP et au CM1. Nous habitons à 1,2 km de l’école. Avec ma charmante femme, nous nous partageons la responsabilité de les emmener et d’aller les chercher.

Le matin, nous devons déposer les enfants à l’école pour 8h30. Ma femme rejoint son lieux de travail à presqu’une heure de route en voiture. De mon coté, je dois me rendre à la gare de Yerres pour prendre un train vers Paris.

Le soir, nous pouvons récupérer les enfants après l’étude à 18h00, ou à la garderie jusqu’à 19h00.

En voiture (le matin)

A l’époque où j’utilisais encore ma voiture (ce que je dois malheureusement continuer à faire les jours de pluie), j’emmenais donc les enfants à l’école. Nous partions de la maison à 8h10, prévoyant qu’il faudrait 20 minutes pour effectuer à peine plus d’un kilomètre et trouver une place de parking près de l’école.

Après avoir déposé les enfants, je devais reprendre la voiture et patienter au moins une quinzaine de minutes pour atteindre le feu rouge. En effet, tous les parents repartent exactement au même moment, ce qui crée des embouteillage dans la rue de l’école.

Reste ensuite à rejoindre le parking de la gare, situé à 4 km de l’école. Et bien entendu, c’est l’heure de pointe. Cela prend régulièrement 20 minutes supplémentaire, sans compter les accidents et les camions poubelle. On notera que le même trajet ne prend que 5 ou 6 minutes de nuit. C’est long parce qu’il y a beaucoup de monde. Il y a plusieurs feux rouges et stops à franchir, et de nombreuses priorités à céder à des routes transverses également surchargées.

Une fois arrivé à la gare, reste encore à trouver une place libre. Avec un peu de chance, il en reste au fin fond du parking. Il faudra encore marcher 5 minutes pour rejoindre la gare en espérant que le RER D soit à l’heure.

Au total, c’est facilement 45 minutes qui sont tout simplement perdues, du simple fait d’y aller en voiture. Et pour être transparent, il est complètement illusoire d’espérer trouver une place libre après 8h30, même dans le parking le plus loin de la gare. C’est donc le plus souvent ma femme qui doit emmener les enfants le matin. Elle a négocié un 80% auprès de son employeur, ce qui nous fait perdre en pouvoir d’achat et en qualité de vie, d’autant qu’elle doit souvent compenser le soir…

En voiture (le soir)

Le soir, c’est plus simple car les parents récupèrent leurs enfants dès 16h30 progressivement. Il y a donc moins de monde. C’est d’autant plus simple de trouver une place libre dans la rue de l’école, quitte à devoir marcher un peu.

Coté embouteillage, ce n’est toutefois pas mieux puisqu’on se retrouve à nouveau dans l’heure de pointe, avec exactement les mêmes difficultés que le matin.

Quand j’arrive à la sortie de la garderie, vers 19h00, je suis souvent fatigué, stressé et énervé. Oui car pour être là à 19h00, il faut absolument partir du bureau à 18h00 sous les remarques désagréables des collègues et de son chef. Il faut courir tout du long en espérant que le RER D sera ponctuel. Quand aux enfants, ils sont également fatigués après une journée de cours.

Le coût

Pour en finir avec la voiture, je précise que ça a un coût écologique et financier énorme. Comme je fais essentiellement des petits trajets, je n’utilise la voiture que dans la zone où elle consomme le plus, le moteur n’ayant pas eut le temps de chauffer… Je vous laisse imaginer le nuage de pollution qui stagne dans la rue de l’école chaque matin… Financièrement parlant, le constat est le même. Avec 2 pleins chaque mois, uniquement pour des trajets maison-école-gare, ça devient ridicule.

Et en trottinette ?

En trottinette, c’est tout de suite plus simple. Nous allons tout simplement à l’école à pied, en partant même un peu plus tard qu’en voiture. Ma grande fille de 9 ans peut facilement marcher 1,2 km. C’est un peu plus difficile pour ma petite de 5 ans. Elle monte seulesimplement sur la trottinette éteinte dont elle s’amuse à imiter le sifflement caractéristique du moteur électrique. Quant à moi, je marche à coté de la trottinette, dont je tiens le guidon. Nous arrivons généralement pour l’ouverture des grilles tranquillement.

Pour rejoindre la gare, c’est très rapide. Je n’ai pas besoin de reprendre ma voiture au bout de la rue. Je peux soit franchir les obstacles à pied, soit me faufiler tranquillement. Et les camions poubelle sont faciles également à dépasser.

Arrivé à la gare, pas besoin de chercher une place. Je m’arrête directement sur la parvis et je replie ma trottinette que j’emporte avec moi dans le RER. Une fois pliée, elle est compacteet tient largement sous les sièges sans gêner.

Et une fois arrivé à Gare de Lyon, mon point d’entrée dans la capitale. Je peux finir le trajet en trottinette, ce qui m’économise une correspondance laborieuse.

Le soir, c’est plus ou moins la même chose, dans l’autre sens. Emma est toujours contente de me voir arriver en trottinette. Elle guette mon casque bleu à la sortie de l’étude. Elle préfère rentrer en manège qu’en voiture. C’est beaucoup plus détendu et c’est plus simple de parler et de se raconter nos journées. Manon n’aime pas trop marcher, d’autant que ça monte au retour, mais ça nous fait du bien. Quant à moi, ça m’aide à perdre les kg qui s’étaient installés à force d’utiliser la voiture.

Conclusions

En terme de temps, j’estime que je gagne facilement 45 minutes le matin, grace à la trottinette. Je ne suis plus dépendant de la voiture et des risques d’embouteillage. La directrice des enfants est contente car ils ne sont plus en retard. Le soir, je gagne en sérénitéet un peu aussi en temps, bien que ce soit moins sensible que le matin.

Et le coût n’a rien à voir. Ma trottinette me revient à 1€ pour 1000 km. Les frais d’entretient sont quasi inexistants. Ca passe partout, y compris en respectant scrupuleusement le code de la route. Et d’un point de vue écologique, on est loin de gâchis de la voiture, en particulier sur ce type de petit trajet.

Comme je le disais en introduction, les trottinettes sont attaquées de toutes parts. Les comportements de certains justifient qu’on s’occupe sérieusement du problème. Mais les problèmes des grandes villes ne sont pas ceux des banlieues et encore moins ceux des provinces. Les flottes en libre service et leurs implantations incontrôlées ont mis le feu au poudres. Et c’est sans compter les imbeciles qui roulent à des vitesses folles ou se comportent en voyous au mépris des règles. La legislation hyper sévère qui arrive fait écho à ces dysfonctionnements. Or il est regrettable de brider la France entière à cause de cas isolés.

 

 

Une pensée sur “Nos adhérents ont du talent ! Comment la trottinette électrique a changé les trajets domicile-école-travail de Thierry Leriche

  • 10/09/2019 à 23:17
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    Éloquent ! Le constat se passe de commentaire, mais pas d’adaptations donnant aux EDPM leur place légitime dans l’espace public… 😉

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