Éviter la chute en gyroroue

Article rédigé avec l’aide des Wheelers Pro.

Nos gyroroues nous procurent d’innombrables services et détiennent la palme de l’engin mobile autonome pour tous ceux d’entre-nous ayant jeté leur dévolu sur ce moyen de déplacement. Néanmoins, il apparaît au gré des expériences qu’un certain nombre de points sont à considérer pour que nos chères wheels ne nous jettent tout simplement pas au sol, avec le lot de complications qui peuvent s’ensuivre.

 

La taille de la roue

Toutes les monoroues fonctionnent sur un principe de gyrostabilisation les faisant passer pour identiques à la vue des non utilisateurs. Il n’en va évidemment pas de même lorsqu’on monte sur une 14, 16,18 ou 22 pouces et qu’on s’essaye aux joies du ride. Autant aux yeux des néophytes, cela ne fait aucune différence, autant pour les wheelers le choix d’une roue adaptée à leur usage et à ses conditions d’utilisation est important. Une 14 pouces offrira une maniabilité plus grande qu’une 22 pouces mais sera moins habile à estomper les dégradations de la chaussée.

 

Le type d’algorithme

Il diffère selon les constructeurs et certaines marques sont plus joueuses que d’autres voire plus agressives parfois. De plus, il est possible de choisir, un peu comme sur les voitures actuelles, entre différents modes, (les faisant passer alors) du doux au dur en passant par le mode intermédiaire. Toutes ces différences et (options) critères font que leur conduite va être différente selon la marque et le modèle.

 

La puissance moteur en œuvre

Sujet essentiel et même crucial puisque depuis la mise en application de la Loi d’Orientation des Mobilités et du décret l’accompagnant, nous sommes tenus de ne plus rouler au-delà des 25 km/h. Heureusement, le décret ne vient pas limiter la puissance de nos roues, car le problème, c’est qu’avec une puissance moindre, n’importe quelle imperfection peut devenir délicate à encaisser pour de petits moteurs (d’une puissance égale à 500 W ou moins). 

Il est donc obligatoire, pour raison de sécurité et lorsque la circulation en wheel s’effectue au voisinage de véhicules lourds, d’avoir une réserve de puissance pour palier à l’imprévu, avec des motorisations de 800 W minimum. Pour s’assurer de rester dans les limites de vitesse réglementaires, nos roues, même les plus puissantes, peuvent être bridées efficacement par tilt-back, dispositif éprouvé (bien que non reconnu par le décret se cantonnant à limiter la vitesse “par construction”, c’est-à-dire, non modifiable par l’utilisateur) permettant de sauvegarder une moyenne acceptable, tout en étant bien moins exposé aux aléas survenant immanquablement.

Il faut enfin savoir que la puissance disponible de la roue diminuera sensiblement avec le niveau de charge. Quelle que soit la puissance de son moteur, il ne faut jamais en demander autant à la roue avec 50 % de charge de ses batteries qu’avec 100% de charge. L’idéal étant de rouler au-dessus de 30-40 % de charge de sa roue le plus souvent possible.


L’expérience en wheel

Bien évidemment, plus l’expérience s’acquière, plus on s’améliore en terme de gestion d’imperfections, d’obstacles, d’incivilités même…

Dans tous les cas, le maître mot est anticipation, à fortiori lors des premiers tours de roue en milieu ouvert. Avant donc de s’y lancer, il est hautement recommandé de s’entraîner là où on se sentira dans la meilleure configuration afin de gagner en agilité et faire corps avec sa roue. Pour permettre un entraînement efficace, soulignons que la zone d’apprentissage doit être suffisamment étendue et dégagée pour permettre de prendre le minimum de vitesse nécessaire afin de trouver son équilibre. Il est donc recommandé d’éviter les zones étroites (type couloir où on pourrait penser intuitivement qu’il est intéressant de prendre appui sur les murs) et celles avec de nombreux obstacles (type parkings couverts où la roue pourrait, en échappant au contrôle du nouveau pilote, endommager sérieusement les véhicules qui y sont garés).

Naturellement en arrivons-nous à évoquer l’aisance, la souplesse et l’amortissement avec lesquelles la wheeleuse – le wheeler surmontent la plupart des difficultés, en accompagnant dynamiquement le relief par posture et allure adéquates… “On plie les genoux !”

 

La gyroroue sans chute, rêve ou réalité ?

Quelle que soit l’expérience et le choix effectué, une chute est toujours possible.

Nous avons déjà abordé de nombreux critères permettant de diminuer le risque de chute et donner quelques conseils de comportement. Toutefois même les plus expérimentés sont un jour tombés, que ce soit à cause d’une déformation dans la chaussée mal évaluée ou d’un excès de vitesse mal dosé, voire d’un excès de confiance.

Nombreuses sont les vidéos sur le net qui vous montreront ces chutes, drôles pour certaines, douloureuses pour d’autres. Cela dit, nous n’en partagerons aucune ici. Il serait en effet totalement contre productif de donner de mauvais exemples et d’alimenter trop facilement les médias anti-EDPM avec des éléments négatifs qu’il est ensuite si simple d’exagérer pour faire le buzz auprès du grand public en desservant par la même occasion la cause de nos engins de déplacement fétiches.

Malgré tout, il faut savoir que la gyroroue signale certaines limites en émettant des bips, comme par exemple une demande de puissance trop forte, et que plus la vitesse augmente, plus le vent souffle dans les oreilles limitant notre audition et rendant ces bips moins audibles. C’est souvent dans ces conditions que va survenir l’arrêt brutal de la roue car elle ne peut plus fournir ce que vous lui demandez, d’où la chute appelée “face plant”, car votre corps va continuer sa course face contre terre. Vous verrez tout de suite l’intérêt d’un casque avec mentonnière pour éviter de perdre toutes vos dents ou une fracture de la mâchoire. Nous vous conseillons de compléter le casque par des gants renforcés, et si possible des protections pour les genoux et coudes.

D’autres chutes peuvent survenir par manque d’attention, comme traverser un carrefour avec un ami wheeler en surveillant que des voitures n’arrivent pas et ne pas voir que vous foncez sur lui provoquant ainsi un télescopage. Essayez le plus souvent de garder une distance minimale entre vous et redoublez de vigilance dans ce genre de situation, en gardant un œil particulièrement attentif sur les défauts dans la chaussée.

Il faut également être particulièrement prudent dans les environnements à risques comme les feuilles mortes qui rendent le sol glissant mais peuvent aussi cacher des obstacles sur le sol, ou une flaque d’eau qui peut masquer un trou profond qui vous arrêtera net. Les passages étroits ou parsemés d’obstacles sont également des pièges où vos pédales peuvent taper et provoquer la chute avec d’éventuels dégâts corporels.

 

Conclusion

En espérant que ces conseils vous apporteront toute la lumière sur les risques de chute en gyroroue, nous vous souhaitons de bonnes balades sécurisées et sereines dans les bois ou sur les voies vertes et pistes cyclables.

Restez vigilants dans vos déplacements, pas d’excès de confiance et portez les protections adaptées à ce type d’activité !

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