COMMENT BIEN CHOISIR SA GYROROUE

            

Au moment d’investir dans une gyroroue, la variété d’engins peut faire ressentir comme un sentiment de solitude, surtout pour quelqu’un l’abordant d’un œil neuf. Raison d’être de cet article se voulant une aide à celles et ceux souhaitant se lancer.

 

Définition d’une gyroroue

En soi, toutes les gyroroues fonctionnent sur le même principe gyroscopique, et leur architecture se constitue d’un moteur électrique brushless (moteur sans balai fonctionnant par induction) inclus dans la jante, d’une carte mère gérant électroniquement l’engin, et de batteries contenues dans la coque.

 

Plus finement, les caractéristiques principales sont :

  • la taille de roue allant des très petites 10 pouces jusqu’au conséquentes 22 pouces,
  • la puissance du moteur se mesurant en Watts (800, 1200… 2000, et même au-delà à ce jour),
  • la capacité des batteries en Watts par heure (inférieure à 1000, supérieure, très supérieure jusqu’à des 3000 Wh),
  • et l’algorithme contenu dans la carte mère, donnant à chaque roue sa spécificité.

 

Viennent ensuite les équipements tels que :

  • les pédales sans lesquelles il serait difficile de faire quoi que ce soit :d 😀 xD,
  • le trolley bien utile pour éviter le port quand cela se peut,
  • les feux devenus obligatoires (Loi d’Orientation des Mobilités du 25 octobre 2019) accompagnés des catadioptres avant (blanc), arrière (rouge) et latéraux (oranges),
  • et le pneu monté sur la jante bien évidemment et dont le format autant que l’architecture vont déterminer le comportement même de la roue…

 

Enfin, le temps de charge, la forme plus ou moins confortable du carénage (une largeur importante du carénage pourra se révéler désagréable), la poignée de portage avec coupe-circuit (très utile pour monter les escaliers par exemple) et bien sûr l’esthétique, qui reste un élément subjectif mais important, finaliseront le portrait complet de la roue.

 

Indissociables de ces aspects sont aussi trois éléments : le voltage (67v, 84v… 100v), le BMS (Battery Management System ou système de contrôle des batteries d’accumulateurs) et le firmware donnant à la roue sa “personnalité”. Évidemment critères à considérer, ils ne peuvent toutefois pas être manipulés, hormis les quelques paramètres rendus accessibles par le fabricant (le plus souvent par une application sur votre smartphone) et donnant la capacité de régler vitesse, alarmes, tiltback et chaque dispositif propre à la marque de la roue.

 

Ces aspects énoncés, comment réaliser le choix le plus adéquat possible pour VOTRE besoin ?

Plusieurs aspects doivent d’abord entrer en ligne de compte :
– le programme envisagé : urbain seul – urbain et balade – balade seule, et puis support de loisir ou moyen de mobilité – les deux
– la localisation : plaine – montagne – littoral – sous l’eau 😂
– le budget
– le profil : débutant – aguerri – expert, et la corpulence personnelle

– la condition physique : jeune, moins jeune, sportif, moins sportif, souple, moins souple, etc.

Le programme envisagé

Une gyroroue est très polyvalente : compacte par nature, elle se faufile pratiquement partout tant qu’on ne lui fait pas prendre un bain. Néanmoins, son format allant des petites 10 pouces (communément peu répandues) aux 14 pouces, jusqu’aux plus imposantes 18 pouces et même 22 pouces (!) toutes n’auront pas les mêmes avantages selon le programme qu’on veut leur faire accomplir. Détaillons un peu…

 

Les lieux

Le citadin

 

L’affluence piétonne, la variété des situations (escaliers, grandes artères ou petites ruelles, transports collectifs… si si !), les distances parcourues orientent déjà le choix vers les petites à moyennes gyroroues propices à être utilisées en circuit urbain.

 

Le périurbain et la campagne

 

Les environnements sont plus variés, mais généralement moins peuplés/urbanisés, et les distances à parcourir peuvent s’allonger considérablement. Nous sommes plus dans le domaine des roues moyennes à conséquentes.

 

Les grands espaces interurbains

 

On touche là aux vastes superficies, où la promiscuité est rare, et les voies empruntées peuvent emmener (très) loin. Aucun doute, c’est le domaine des grosses gyroroues, aussi baroudeuses qu’infatigables face aux kilomètres.

 

L’usage envisagé

La mobilité

 

Entre moyen de mobilité de tous les jours requérant un encombrement raisonnable autant qu’un poids mesuré, roue utilisée plus ponctuellement laissant davantage de marge, ou encore une combinaison des deux, il va s’agir de déterminer l’usage et la fréquence auxquels la roue sera la plus utilisée.

 

Un exemple ? Prenons le mien (75 kg + le bagage, 1,80 m) : désireux de ne pas me déplacer avec les transports en commun locaux chargés et chronophages, ainsi que sans moyen de stationner vélo ou auto de manière sécurisée (surtout un vélo), il me fallait une roue compacte capable de m’emmener deux fois par jour jusqu’à la gare la plus proche et avec une batterie permettant au moins une quinzaine de kilomètres quotidiens (le mieux étant d’avoir le maximum de capacité dans un format considéré).

 

D’ordinaire donc, ce programme à dominante utilitaire correspondant à mes déplacements quotidiens du domicile au lieu de travail en multimodal (via les transports en commun) définira plutôt une gyroroue d’encombrement moyen : 14 ou 16 pouces. C’est bien certainement, aussi, le programme le plus fréquent pour une majeure partie de la communauté et celui qui a entre autre vocation à remplacer un véhicule thermique.

 

Sans rentrer dans des considérations d’une marque ou d’une autre, quelques caractéristiques complémentaires orienteront vers un profil type :

  • un poids relativement moyen qui sera facilement porté “à bout de bras” compris entre 10-15 kg,
  • un moteur suffisamment puissant pour offrir une bonne marge dans la plupart des situations (côte, dépassement, circulation urbaine…) entre 800 et 1200 W,
  • des batteries avec l’autonomie souhaitée sans toutefois alourdir inconsidérément la roue (par exemple 1000 Wh autorisant environ une quarantaine à une cinquantaine de kilomètres),
  • une ergonomie adaptée avec par exemple des feux avants et arrières pour être vus, une poignée de portage pour saisir facilement la roue, et des cale-pieds pas trop hauts pour éviter d’avoir l’impression de monter un étage après chaque arrêt au feu rouge.

 

À l’aide de ces points, on peut définir un choix de wheel relativement précis.

 

Le récréatif

 

On aborde là un registre bien plus spécifique, chacune et chacun n’étant pas forcément doué d’emblée à évoluer sur une de ses jambes, à rouler en arrière, à faire pirouetter sa roue et cætera comme le réclame le free style, type même du programme “récréatif”. Nous le laisserons donc de côté.

 

Néanmoins, on peut noter qu’une petite roue vive et confortable aura un sérieux avantage comparée à une 22 pouces de plus de 2000 Wh approchant les 30 kg…

Le loisir

 

Nous voici au mode des grandes balades ou “roadtrip” cher aux voyageurs, on optera là pour un modèle capable d’avaler des dizaines de kilomètres qui, par définition, se trouvera dans les gammes à partir de 18 pouces et dans une moindre mesure, 16 pouces pour les modèles détenant le plus de watts/heure.

 

Les caractéristiques de celui-là s’orientent différemment des deux précédents, puisqu’on peut donc y inclure balades, roadtrips, randonnées, longues sorties à plusieurs et cætera.

 

En plus de l’autonomie qu’on désirera atteindre, il faut considérer le confort ressenti lors des rides tant par la hauteur et la dimension des cale-pieds (notions importantes puisque cela a un impact selon l’endroit où l’on roule), que par l’ergonomie de la roue s’ajustant à la morphologie du pilote.

 

Des cale-pieds plus bas augmenteront les risques d’accrocher des aspérités, et leurs dimensions restreintes induiront des fatigues prématurées, déjà aux pieds et plus générales ensuite… et une roue finissant par causer des douleurs deviendra insupportable à mesure que les kilomètres s’ajouteront. Le conseil à en dégager est de veiller à ce qu’on se sente le mieux possible dessus, comme on se sent à l’aise par exemple dans ses chaussons 🤗👌🏻

 

Vos parcours

En plaine

 

Le relief totalement plat n’étant pas si courant, il n’est pas rare de trouver des côtes, faux-plats et autres valons sur vos trajets. De ce point de vue, on peut dire que si les modèles les plus anciens de gyroroues avaient des limitations dues à leurs capacités amoindries par rapport à maintenant (moteur relativement peu puissant, voltage en rapport…), il n’en va plus de même dorénavant avec les gyroroues actuelles.

 

Ainsi, les modèles récents “avaleront” à l’aise les contraintes qui se présenteront dans ce type de localisation, en veillant quand même à rester dans la fourchette d’allures qu’ils permettent. Toutes montées ou trajets éprouvant pour la roue se mèneront donc sans peine.

 

En montagne

 

Cette configuration-là exclue d’emblée les roues à “faible” motorisation dès le moment où les trajets mèneront en altitude. Là, seules des roues puissantes tant du moteur que des batteries autoriseront la montée des versants et autres contreforts montagneux. Sans celles-ci, et bien sûr correctement conçues pour supporter l’effort (ventilation efficace des éléments électriques : certaines roues intègrent des ventilateurs tout comme les ordinateurs, et de l’aération de l’électronique qui évidemment va chauffer), dans le but d’éviter le fatidique “cut-off” (coupure soudaine qui entraîne la chute) lié à une surchauffe.

 

Le littoral

 

Avec nos kilomètres de côtes marines, les joies des embruns s’ouvrent aussi aux adeptes de la monoroue électrique. Néanmoins, toutes les gyroroues ne sont pas totalement étanches, loin de là même.

 

Les indices IPxx déterminant le degré d’étanchéité dépassent rarement la projection pluviale et, à ouvrir une roue après usage quotidien sur plusieurs mois, on se rend compte combien poussières et corps étrangers peuvent pénétrer… À défaut donc d’être amphibies, il faudra veiller à rester éloigné déjà des seuls embruns salés, sans parler d’immersion volontaire ou accidentelle…

 

Sous l’eau

 

Ces modèles de roues ne sont pas encore apparues… Peut-être néanmoins que les progrès technologiques sauront un jour mettre un wheeler ou une wheeleuse en mouvement au fond de l’eau avec un système respiratoire intégré 😀 😀 😀

 

LE BUDGET

Si la fourchette de prix s’étale de quelques centaines d’euros à deux voire trois milliers pour les modèles de gyroroues les plus corpulents, attention à vouloir trop économiser.

Effectivement, sur des engins tels que les gyroroues, le prix est gage de qualité… et de conception si ce n’est de sécurité aboutie. Même s’il peut sembler intéressant d’investir à moindre coût, d’éventuels incidents peuvent se révéler mettant en cause la qualité des composants (électroniques, électriques, bâti…).

 

Nous incitons donc à se doter d’un engin qui bien que “cher” garantira la fiabilité qu’on souhaite évidemment trouver.

 

LE PROFIL DE L’UTILISATRICE/L’UTILISATEUR

Comme vu précédemment, le modèle de roue va grandement influer sur l’usage qu’on en fait. Si la plupart des wheels bénéficient maintenant d’une “morphologie” confortable, chacun trouvera néanmoins ses affinités en fonction de son expérience.

 

Au stade débutant, la considération portera avantageusement sur l’aisance et la prise en “main” qu’offre n’importe quel modèle, puisqu’il s’agira de s’y familiariser. Là, la taille des pédales et leur hauteur, le confort des mousses au niveau des malléoles ou des mollets rendront les débuts de la pratique plus agréable.

 

Au-delà de ce premier stade, l’approche est plus aisée puisque les écueils auparavant et éventuellement rencontrés s’éliminent d’eux-mêmes. D’autant que mécaniquement l’expérience va de plus en plus s’amplifier.

 

LA CONDITION PHYSIQUE DE L’UTILISATEUR

 

On pourrait croire qu’à chaque modèle de gyroroue correspond une morphologie donnée et une forme physique “adéquate”, c’est en partie vrai mais mérite d’être nuancé. Il est sûr qu’une roue de 13 kg se porte plus facilement lors d’une montée d’escalier, comme il est aussi certain qu’une roue dépassant les 25 kg va offrir une stabilité hors-pair lors de rides off-road (sur chemins et sentiers sauvages, voire ailleurs).

 

Quelques éléments en guise de précisions : une personne de haute taille s’assortira mieux d’une roue de 16-18 pouces, et quelqu’un de corpulent aura avantage à choisir une roue puissante dotée d’un moteur de plus de 1000W. Pour les constitutions physiques pouvant être exposées à des risques pathologiques (genre troubles du dos, des tendons…), veillez à ne pas vous surcharger avec une roue peut-être généreuse en autonomie, mais aussi excessivement handicapante à être portée lorsque cela se produit (souvenir d’une crevaison : 2 km avec 17 kg à bout de bras, vive le sport xD).

Selon donc qu’on soit jeune, moins jeune, sportif, moins sportif, souple, moins souple, etc., il est toujours bon avant d’opter pour tel modèle ou tel autre de comparer parmi la “sélection” retenue, ne serait-ce que pour éprouver leurs prises en main et les remarques personnelles qui ne manqueront pas d’en sortir.

 

BILAN

Au terme de cet article, il ne vous reste plus qu’à établir votre propre “état des lieux”, en espérant que les critères abordés vous fourniront toute l’aide nécessaire. Si malgré tout, d’autres aspects apparaissent manquants, n’hésitez pas à les soumettre… et faire ainsi avancer la wheel 😃😉

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